Chronique n°7 : L’Héritière

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Auteure : Mélinda Salisbury

Pages : 327

Traduction : Emanuelle Casse-Castric

Edition : Gallimard Jeunesse

Collection : /

Prix : 16.90

Titre V.O : The Sin Eater’s Daughter

Sortie V.F : Avril 2015

Résumé : 

À la cour du royaume de Lormere, Twylla, dix-sept ans, est promise au prince héritier, selon la volonté des dieux. Elle possède un don, le pouvoir de tuer tous ceux qu’elle touche : elle est l’arme parfaite ! La cruelle reine qui l’a adoptée la contraint à exécuter les traîtres. Jusqu’au jour où Lief, nouveau garde charmant et rebelle, fait vaciller la jeune fille dans sa foi et sa soumission…

Mon avis : 

Avant de commencer, petit « disclaimer » (parce que ce mot est trop hype) pour justifier mon absence. Non je ne suis pas morte. Oui, je suis bien vivante et oui je trouve que j’ai abusé à ne pas mettre d’articles pendant environ deux semaines. Je me suis tout simplement laissée dépasser par les évènements sans oublier quelques soucis d’ordinateur (et puis une grosse période de deuil quant à l’épisode final de Game of Thrones, mais ça j’ai trop honte haha). Mélangez le tout et vous aurez un blog « presque » laissé pour mort. Mais bon c’est mal me connaitre gnark gnark (cette onomatopée est à interpréter comme un rire diabolique, merci de jouer le jeu.). Enfin bon, JE REVIENS EN FORCE !!!

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à la chronique.

L’héritière est un livre que j’ai principalement acheté pour sa couverture, je l’admets. Non je ne savais pas de quoi ça parlait mais je savais juste qu’il me le fallait. C’est là que j’ai appris que c’était de la fantasy. Aïe. Il faut savoir que la Fantasy est un genre auquel j’accroche peu. J’ai beaucoup de mal à me projeter mais c’est en lisant le résumé après coup que je me suis dit qu’après tout je devais laisser une chance à cette histoire.

Dans un sens, j’ai bien fait. Oui car je n’ai pas adhéré parfaitement à l’histoire. Je m’explique : prenez 300 pages du livre et divisez-le en deux. Première partie : j’ai pas vraiment aimé, deuxième partie : j’ai a-do-ré.

Nous retrouvons donc Twylla dans un univers typique médiéval. Cette dernière possède un don : le pouvoir de tuer simplement par le toucher. Ce qui est bien pratique en somme, pour anéantir les ennemis de la cruelle reine. Cependant, la vie de Twylla va basculer à la rencontre de son séduisant nouveau garde : Lief.

Jusqu’à là, rien de bien extraordinaire.

L’auteur nous peint dès le début un univers bien précis. Un peu trop parfois. Un royaume en guerre avec un autre, une fille tueuse, des coutumes populaires etc. J’ai eu du mal à m’habituer à ce dernier dans la première partie du roman. La faute aussi à un lexique mal détaillé. Daunen incarnée, Talith, Tregelliens, Mangeuse de péchés… Tout cela faisait beaucoup à comprendre en plus des personnages à apprivoiser, d’un triangle amoureux et divers complots. Je me suis réellement sentie perdue et j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans cette univers. Sans compter les nombreuses et énoooooormes descriptions du monde dans lequel vit Twylla. Oui, je sais ce que vous allez me dire « Oui, mais c’est dans la fantasy, tu devrais savoir que c’est riche en descriptions ». Ok, mais c’est plus fort que moi, j’aime-pas-ça. Du coup autant faire d’une pierre deux coups : trop de desciptions engendre un cruel manque d’action. Il ne se passe rien. J’avais réellement l’impression qu’on tournait en rond, qu’on revenait strictement au même point de départ avec les mêmes conversations : « Mais c’est terrible le pouvoir que je possède, je ne peux toucher personne ». Merci c’est marqué dans le résumé, je crois que j’ai parfaitement compris. En plus de ça, Twylla est juste INSUPPORTABLE. Si je devais faire un classement des personnages les plus chiants, Twylla y entrerait facilement. Comment vous expliquer ? Twylla est passive, spectatrice de sa propre histoire. Elle subit. Au delà de ça, elle se plaint. Beaucoup, Beaucoup, beaucoup, beaucoup. Sauf qu’elle n’agit pas. Forcément, il y a un moment où ça coince. Sans rire, je ne compte même pas le nombre de pages avant le premier dialogue avec notre chère protagoniste. Pour ce qui est des autres personnages je les ai trouvés assez fades mais avec un réel potentiel (un peu comme avec Twylla en réfléchissant). Pour vous donner un exemple concret : Le prince. Je le trouve assez effacé, mais mon Dieu si ce personnage se révèle, explose, je pense sincèrement que ça peut donner un cocktail détonnant. J’ai vraiment senti cette révolte particulière qui bouillonait en lui mais qu’il taisait et je suis sûre que ça peut donner quelque chose d’extraordinaire pour le prochain tome. Pour conclure, un seul personnage se détache du lot : Lief, un personnage tout en relief, une tête bien pensante, et un caractère durement forgé dans l’acier. A cela j’ajouterais un personnage mystérieux mais absolument magnétique. J’ai adoré m’attacher et le détester, le secouer et le pousser vers l’avant. Bref, un personnage entier.

Comme vous l’aurez compris, j’ai peu aimé la première partie du bouquin. Mais la deuxième… Je n’ai pas réussi à me détacher du livre. J’y étais accrochée et les pages se tournaient toutes seules. La raison ? THE revelation ! Une révélation pas si dingue que ça quand on y pense. A vrai dire, je suis sûre que certaines personnes ayant lu le roman, ont deviné bien avant quelle était cette découverte, mais evidemment moi je n’ai rien vu venir et j’ai été très surprise voire scotchée. Et tant mieux d’ailleurs, car cela apporte du piment à l’histoire et c’est ça qui a contribué au fait que j’ai adoré la deuxième partie. Car de cette révélation en découle une autre, puis une autre, et encore une autre. L’auteure ne nous laisse aucun répit, même pas une minute pour pouvoir reprendre notre souffle et encaisser les évènements. Du coup, le rythme de l’histoire s’intensifie en action et on se demande vraiment quelle va être la suite des aventures de notre héroïne.

Une héroïne qui, dans cette deuxième partie, ne se laisse plus marcher sur les pieds. Elle passe de soumission à mise en action (vous avez vu, je fais même des rimes dans ma chronique, ça rigole plus là). En parallèle grâce à Lief qui le pousse à se révolter et qui fait sortir toute la colère qu’elle laissait mûrir au plus profond d’elle-même mais aussi grâce à une intense réflexion envers sa propre personne. Pourquoi suis-je si importante ? Suis-je vraiment si importante que je ne le pense aux yeux de la reine ? Pourquoi moi la Daunen incarnée ? Ai-je vraiment envie d’être le bras droit de la reine toute ma vie ? Twylla grandit et se pose les bonnes questions qui font qu’elle décide de ne plus subir toutes ces cruautés et ces complots.

En plus de l’histoire de base, l’auteure nous conte aussi l’histoire des origines. Celle qui introduit et explique le pourquoi du comment de la construction du royaume et les personnages ancestraux qui ont conduit à la misère auquel fait face le royaume actuel. De toute cette trame en découle une véritable intrigue qui apporte un réel plus dans la continuité du roman. L’auteure dépose à petites doses bien mesurées ce qu’il faut pour nous tenir en haleine et nous surprendre quand il le faut au fur et à mesure de l’histoire.

Dernière chose : Le triangle amoureux. Oui, oui, oui je le mets plus du côté positif que négatif. J’ai l’impression que beaucoup de personnes détestent les triangles amoureux, et j’en fais partie. Cependant celui-ci ne m’a pas dérangée du tout car, contrairement à d’autres romans, ce triangle-ci n’en est pas un au sens propre du terme car l’héroïne ne joue pas la girouette comme bon lui semble comme il se pourrait dans d’autres romans (Genre la Sélection, je dis ça je dis rien hein ;D). Explication : dès le début du roman, un des deux garçons se démarque beaucoup plus dans le coeur de Twylla. A la limite, si l’autre garçon n’existait pas, ça ne changerait pas grand chose, soyons honnètes. Pour être plus précise, on sent que Twylla voue un amour incommensurable pour l’un et une amitié banale pour l’autre. Après j’attends d’avoir la suite entre mes mains car je pense réellement que ça peut changer mais je n’en dirais pas plus.

J’attends impatiemment le second tome malgré une fin davantage fermée même si une dernière révélation au sujet d’un personnage m’a déchiré et brisé le coeur en mille morceaux. A voir donc…

 

En conclusion, une très jolie découverte malgré un début très lent à démarrer. Cependant une seconde partie haletante et explosive qui donne réellement envie de connaitre la suite. J’ai désormais envie de laisser à la fantasy une jolie place dans ma bibliothèque et de lui laisser plus de chance (Bon après, ne me mettez pas un Tolkien sous le nez ou quelque chose style Eragon, je suis pas encore parée pour ça !)

J’ajouterais pour finir que j’ai beaucoup apprécié le message de l’auteure réservé à ses lecteurs concernant certains de ses choix par rapport au comportement des personnages et notamment celui de Twylla. Il est évident que j’ai détesté Twylla dans les 150 premières pages. Cependant l’auteur nous explique pourquoi, ce qui m’a permis de comprendre les agissements de l’héroïne. Le parallèle entre le monde de Twylla et sa passivité envers les divers évènements et notre monde à nous dans lequel vivent certaines femmes qui subissent les coups, les humiliations en silence sans pouvoir agir au péril de leur vie m’a beaucoup touchée et m’a permis d’être moins sévère envers elle. Pour cela, chapeau et bravo.

– Qu’entendez-vous par « libres »?
– Comme toi. Tu peux aller où bon te semble et faire ce qui te chante. Je ne sais pas ce que ça fait.
– Je ne suis pas libre ma dame, dit-il lentement. Je ne suis pas plus libre de mes actions que vous. Vous envisagez le fait d’avoir des choix comme les gens qui ont envie de voler. Ils voient un aigle qui s’élance dans les airs et y plane, ils se disent que ce doit être merveilleux de voler. Mais les pigeons peuvent voler, et les moineaux aussi. Personne ne s’imagine être un moineau, pourtant. Personne ne rêve de ça.

Sur ce, je vous dis à la prochaine pour une nouvelle chronique (qui devrait arriver très bientôt comme je suis en plein marathon chronique haha). Besos besos mes crevettes !

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Une réflexion sur “Chronique n°7 : L’Héritière

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