Chronique n°14 : Boys don’t cry

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Auteure : Malorie Blackman

Genre : Contemporain jeunesse

Pages : 287

Traduction : Amélie Sarn

Editions : Milan

Collection : Macadam

Prix : 12.50 €

Sortie V.F : Octobre 2011

Résumé : 

Dante attend les résultats de ses examens. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l’université. De sa future vie. Celle dont il a toujours rêvé.

Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n’est pas pas le facteur, c’est Mélanie. Son ex-copine, dont il n’a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé. Le sien.

Le leur.

Etre père à 17 ans ? Il y a de quoi pleurer.

Mais les garçons ne pleurent jamais.

Mon avis : 

Ce livre qui est l’un de mes plus gros coups de cœur de cette année et se classe aisément dans le Top 5 de mes livres préférés de tous les temps. Il s’agit de Boys don’t cry, un roman extraordinaire qui m’a bouleversée et qui laisse un souvenir indélébile dans mon cœur.

Boys don’t cry est un roman est un roman jeunesse et traite de sujets que l’on voit peu en littérature adolescente. C’est justement là sa force car selon, moi c’est une véritable originalité de l’auteur de parler de ces sujets délicats mais qui, je pense, font preuve d’une certaine pédagogie envers les jeunes pour les aider à mieux comprendre les difficultés que la vie peut nous imposer mais aussi développer leur tolérance et leur ouverture d’esprit.

Le thème principal du roman tourne autour de la paternité soudaine de Dante. Un adolescent de 17 ans qui malgré la mort de sa mère, vit une vie plutôt tranquille et s’apprête à intégrer l’université. Un jour pourtant, Mélanie son ex-petite amie revient chez lui avec un bébé dans ses bras et lui annonce qu’il est le père de l’enfant. C’est en prétendant aller chercher des couches que la jeune fille va disparaître et laisser Dante livré à lui-même devant apprendre à s’occuper de cet enfant mais aussi à gérer les conflits familiaux et les divergences entre lui, ses amis et sa famille.

J’ai mis beaucoup de temps à trouver les mots sur ce roman tellement j’en suis tombée amoureuse. Ce roman m’a, pendant un moment, ôté les mots de la bouche et je ne savais pas comment partager mon ressenti à part dire « Lisez-le ! ». Mais aujourd’hui j’espère bien vous donner envie de le lire parce que c’est une véritable claque qui nous retourne et nous fait réfléchir après coup.

Même si mes goûts de lecture sont assez éclectiques, j’ai pour préférence la littérature jeunesse. C’est aussi une des raisons pour laquelle je me suis tournée vers Boys don’t cry. Cependant ce livre est indéniablement universel et accessible à toutes les tranches d’âge selon moi. Il traite de sujets qui nous concernent tous et dont on entend parler fréquemment, qu’ils soient critiqués ou défendus : La paternité chez les adolescents, l’homosexualité, la façon de faire son deuil. Ce sont des sujets difficiles mais qui méritent une réflexion dessus même si nos avis peuvent être divergents. Toutes les tranches d’âges sont invitées à lire ce roman qui traite avec une justesse parfaitement dosée tous ces sujets qui nous concernent. Pour ma part, après l’avoir fini, j’en ai tellement parlé à ma mère, qu’elle a eu envie de le lire elle-aussi (elle qui a pourtant l’habitude de lire des témoignages et des thrillers et pas du tout ce genre de littérature) … Elle a adoré aussi et a été extrêmement touchée par cette histoire. Il est vrai que lorsqu’on est jeune, on peut parfois être assez extérieur à toutes ces polémiques et sujets qui peuvent parfois ne pas susciter l’intérêt. Malorie Blackman fait d’une pierre deux coups : elle expose directement ces sujets aux jeunes, parfaitement traités, mais en plus elle inclut directement un adolescent au cœur de ces débats.

Les personnages du livre sont incontestablement le gros point fort du roman.

D’abord il y a Dante, adolescent de 17 ans qui se voit devenir père du jour au lendemain. C’est un jeune immature et égoïste. Forcément devoir réviser ses plans quand on devient père d’un enfant sans le savoir mérite des changements assez conséquents dans sa vie. Au début, l’auteur ne prend pas de pincettes avec son personnage, elle fait tout ce qu’il faut pour qu’on le déteste mais son évolution est splendide. Dante appelle sa fille Emma « la chose », « ce petit truc » et la renie totalement alors qu’elle demande simplement à être aimée. Celui-ci fait même un test de paternité qui au premier abord paraît être une décision abominable. Pourtant, si l’on réfléchit bien, qu’aurions-nous fait à sa place quand une nouvelle pareille nous tombe dessus ? Sa réaction n’est-elle pas simplement humaine après tout ? Et c’est là toute la finesse du roman sur les personnages. Mais Dante n’est pas seul, il y a aussi son frère Adam qui a 15 ans et homosexuel. Malgré le fait qu’il s’assume, il doit supporter des violences physiques et morales des amis de Dante. Son père qui doit apprendre à gérer sa tristesses face à la mort de sa femme et l’éducation de ses fils seul. Enfin Emma, la fille de Dante, bébé innocent qui demande seulement de l’amour mais qui sans le savoir se situe dans une situation où l’équilibre familial est fragile.

Une autre qualité du roman (oui, ce roman n’a aucun défaut je vous assure) c’est l’écriture et le style qu’adopte l’auteur. Le roman est à deux voix : celle de Dante et d’Adam. L’auteur s’approprie divinement ses personnages comme des personnages réels. J’ai aussi beaucoup apprécié l’originalité du roman : en effet, nous avons pour habitude de beaucoup entendre parler des grossesses chez les adolescentes et les pères qui les abandonnent, qui ne veulent pas assumer l’enfant. Ici, c’est le contraire, c’est Dante le père qui doit assumer la tâche d’élever sa fille car la maman s’est enfuie et j’ai trouvé très intéressant de voir l’histoire tourné sous cet angle et sous ce point de vue. De plus l’écriture nous permet de suivre l’évolution de la relation entre Dante et sa fille. Une relation magnifique qui nous fait voir comment Emma fait grandir son père et vice versa.

 

Pour conclure, je dirais que ce roman prouve que la littérature jeunesse n’est pas un sous-genre comme elle est malheureusement considérée parfois mais un genre à part entière. J’avoue même que j’ai versé ma larme. Le seul reproche que je peux lui faire sera la tristesse qu’on éprouve en le finissant car on le dévore ! Je le conseille à tout le monde car c’est un livre avec une réflexion et une morale parfaite.

 

Ma note : 19/20 : COUP DE CŒUR

Si je ne vous ai toujours pas convaincus, lisez ce petit passage :

 

            « – Tu étais amoureux de Mélanie ? m’a soudain demandé mon frère.

               J’ai secoué la tête sans hésiter

               – Dommage, a dit Adam.

               – Pourquoi ?

               – Un bébé aussi extraordinaire que ta fille aurait dû être conçu dans l’amour. »

                                                                                           

En ce 1er janvier, j’espère que vous avez tous passer de merveilleuses fêtes de fin d’année, qui vous avez été gatés et que vous avez bien profité de vos proches en ces temps difficiles.

Je vous dis à très vite et je vous embrasse fort fort fort.

Kisses.

 

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Chronique n°11 : Qui es-tu Alaska ?

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Auteur : John Green

Pages : 362

Traduction : Catherine Gibert

Editions : Gallimard Jeunesse

Collection : Scripto

Prix : 15 euros

Titre V.O : Looking for Alaska

Sortie V.F : Aout 2014

 

Résumé :

La vie de Miles Halter n’a été jusqu’à maintenant qu’une sorte de non-événement. Décidé à vivre enfin, il quitte le cocon familial pour partir dans un pensionnat loin de chez lui. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C’est là aussi qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.

 

Mon Avis :

On ne le présente plus, tout le monde connaît John Green. Considéré par la plupart comme une véritable machine à bestsellers et marchand d’émotions, il a notamment connu un succès interplanétaire avec le célèbre Nos étoiles contraires adapté au cinéma par la suite. Un auteur qui n’est plus à refaire concrètement.

Alors bien sûr, comme beaucoup d’entre nous, j’ai eu un véritable coup de cœur pour Nos étoiles contraires mais je voulais savoir ce que pouvais me réserver John Green une nouvelle fois. Je me suis donc tournée vers Qui es tu Alaska ?. Tout simplement car c’est celui-ci qui m’attirait le plus. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple… Et comment vous dire que je n’ai pas été déçue du tout !

Nous retrouvons donc Miles Halter, un jeune garçon de 16 ans à la vie plutôt monotone jusqu’au jour où il décide de quitter ses parents pour partir dans un pensionnat. Sa vie va changer du tout au tout en rencontrant certains adolescents mais surtout, il fait la connaissance d’Alaska Young. Un sacré personnage…

John Green a vraiment cette plume incroyable qui rend ses personnages tellement uniques, touchants, hors normes mais avant tout tellement attachants. Car la force du roman est bien là : les personnages, les personnages et toujours les personnages. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est que chacun d’entre eux se différencie par un trait de caractère, une originalité par-ci par-là. En plus ils m’ont vraiment fait rire aux éclats, c’est un genre d’humour que j’adore : complètement WTF, très atypique mais en même temps plein de réflexion. La marque de fabrique de John Green en fait. Ils nous apportent une réelle bouffée d’air frais surtout quand on l’a lu au bord de la plage à l’ombre d’un parasol si vous voyez ce que je veux dire… 😉

Mais comment parler des personnages sans mentionner Alaska ?  Comme je vous le disais dans mon bilan du mois, cette fille m’a marqué à vie. J’aimerais écrire un paragraphe sur elle mais je n’arrive même pas à trouver les mots. Ce n’est pas une fille dont on parle, elle se découvre et s’apprécie à sa juste valeur. J’aimerais tout simplement que se soit ma meilleure amie. Partager tous mes secrets, rire sous la couette avec elle pour ne réveiller personne, courir dans l’herbe fraîche pieds nus pendant la pleine lune en chantant à tue-tête une chanson complètement débile et juste profiter. Et je peux vous dire que ça me déchire le cœur qu’Alaska ne soit qu’une simple héroïne et qu’elle ne soit pas réelle. Bref j’arrête là sinon je sens que ça va partir en couille hahaha.

Et Miles dans tout ça ? C’est quand même le personnage principal pourtant. Certes, il ne m’a pas autant émue qu’elle mais on sent que Miles est un adolescent à la recherche de la personne qu’il est réellement au fond de lui, en quête liberté et de renouveau en plus d’être raide dingue d’Alaska. C’est d’ailleurs très touchant cette façon maladroite qu’il a pour lui faire comprendre qu’il est là, qu’il est « ready for the show » ! Bon je m’arrête de parler des personnages ? Ok j’arrête !

Un autre point fort du roman, c’est que le roman est divisé en deux parties : l’une avant LE jour super hyper méga important et la deuxième partie après cet événement (que je ne vous révélerais pas bien évidemment, cela va de soi). Et là c’est quitte ou double : soit on devine quel est cet évènement et du coup, vous avez de fortes chances que cela porte atteinte à une «agréable lecture » ou un coup de cœur (enfin vous voyez ce que je veux dire), soit vous vous y attendez pas du tout et là c’est l’explosion, le coup de massue et le ciel qui vous tombe sur la tête. Je fais partie de cette catégorie. J’avais TOUT imaginé mais pas ça. Pas ça pas ça pas ça pas ça. Réellement mon monde s’est écroulé de surprise. J’étais sûre qu’on me faisait une blague et je vous jure que jusqu’au bout j’ai espéré que ça change. Enfin bon, tout ça pour dire que ce fameux jour J n’a fait que renforcé mon coup de cœur.

Au-delà de ça, les livres de John Green sont vraiment des livres-citations. Du peu que j’en ai lu, je ne saurais vous dire toutes les citations que j’ai pu relever et qui font chavirer mon petit cœur. J’aime vraiment beaucoup beaucoup la façon d’écrire de cet auteur. Je pense que cette plume est faite pour moi, je suis conquise et totalement amoureuse de cette façon humble et en même temps tellement poétique de trouver des mots si justes sur des sentiments qui nous semblent tellement réels.

Le seul petit bémol que j’ai pu relever est quelques petites longueurs au fil de l’histoire. Quelquefois il ne se passait pas grand-chose mais en même temps notre vie n’est pas une série de péripéties n’est-ce pas ?

En conclusion, et je pense que vous l’aurez compris, ce livre est un gros coup de cœur. Monsieur Green nous fait passer du rire aux larmes comme il sait si bien le faire. Une nouvelle fois j’ai été littéralement conquise et je pense que je n’en ai pas terminé avec cet auteur. Je lirais avec joie La Face cachée de Margo qui m’attend sagement dans ma PAL par exemple … 😉

Et au final, moi qui était déterminée à écrire une chronique courte et concise et bien je crois que c’est une nouvelle fois un … échec *musique dramatique*.

Ma note : 19/20 : COUP DE COEUR ♥

On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer de trouver le moyen d’en sortir, en se régalant à l’avance à cette perspective. Et rêver l’avenir permet de continuer, sauf qu’on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l’avenir pour échapper au présent.

Sur cette looooongue chronique je vous dis à la prochaine pour une nouvelle chronique puis un TAG pour vous détendre l’esprit avant une chronique qui risque d’être horriblement difficile à lire pour la plupart d’entre vous haha suspens suspens….

Chronique n°8 : Respire

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Auteure : Anne-Sophie Brasme

Pages : 190

Traduction : /

Edition : Le Livre de Poche

Collection : /

Prix : 5.10 euros

Titre V.O : /

Sortie V.F poche : Octobre 2002

 

Résumé :

Charlène est une enfant comme les autres, qui vit sans trop se poser de questions, prend ce qu’on lui donne et ne demande rien. Elle habite un immense appartement à Paris avec ses parents, pas très aimants ni très amoureux. Charlène souffre : elle est asthmatique, se sent incomprise, mal aimée. Avec l’entrée au collège commencent de longs mois difficiles, de solitude et d’attente. Jusqu’à l’arrivée de Sarah, brillante, magnétique. Une amitié naît, qui pour Charlène est un don inespéré de la vie, un émerveillement. Avant les petites déceptions, les souffrances, la passion puis le désespoir. Un roman d’une vérité hallucinante écrit par une jeune fille de 17 ans.

Mon avis :

Bon, cette chronique va être compliquée… Ce livre est un gros coup de coeur et je ne sais même pas quoi dire dessus tellement ce roman est une perle rare. Ok Julie, calme toi tu peux y arriver.

Si j’ai acheté ce livre, c’est parce que j’avais vu le film avant que j’avais adoré et je ne savais pas que c’était un roman de base (honte à moi, allez-y lancez moi des tomates et des courgettes sur ma face). Du coup en tant que lectrice avérée, j’ai voulu découvrir la véritable histoire, surtout que ma sœur me l’avait conseillé et qu’elle avait beaucoup aimé elle aussi.

Voilà, j’ai fini mon intro donc je suppose que maintenant je dois commencer à parler de ce bijou ? C’est là que les ennuis commencent…

Que dire ? A part que je me suis pris -excusez de l’expression- une véritable claque dans la gueule ? Que j’ai eu du mal à m’en remettre ? Que je n’arrive pas à croire une telle maturité dans la plume d’une auteure de 17 ans ?

Nous retrouvons Charlène, adolescente perturbée, en plein dans l’âge où l’on se remet toujours en question. C’est au cours de cette période qu’elle va rencontrer Sarah, jeune fille entièrement charismatique. Un véritable aimant en fait. C’est là que nos deux protagonistes vont entamer une relation bien particulière.

De premier abord, le résumé du livre n’a rien d’alléchant. Imaginons que je n’avais pas vu le film et jamais entendu parler de ce roman, je ne me serais probablement pas retournée dessus. Grossière erreur.

La force de ce roman, c’est l’alliance entre le personnage principal en lui-même lié à l‘écriture poétique qui mène justement toute la trame de l’histoire.

Dès le début, on sait ce qui va se passer. Je ne vous spoile rien en vous disant que cette histoire finit mal. Très mal. C’est comme un compte à rebours en fait. On attend le jugement, le point final à cette relation toxique. En attendant on subit avec elle, on encaisse les coups. Charlène nous raconte en toute sincérité cette amitié malfaisante et bancale qui l’unit avec Sarah. Du bout de sa plume, on ressent ce besoin vital d’évacuer ses ressentis, ce lourd poids qu’elle traîne depuis plusieurs années. Comme si, au final, cette « thérapie » d’écriture la libérera alors qu’elle sait très bien du plus profond de ses entrailles qu’elle sera toujours reliée à Sarah directement ou indirectement.

(Mon dieu je ne sais vraiment plus quoi dire, c’est terrible haha)

Quand j’ai lu cette histoire, je n’ai pas pu m’empêcher de me répéter sans cesse « Mon dieu, mais ça ne peut pas être une fiction, c’est forcément une histoire vraie ». Sérieusement, les émotions que Anne-Sophie Brasme nous fait ressentir au travers de Charlène ne peuvent pas nous laisser insensibles. J’ai tout ressenti et je me suis vraiment mis dans son personnage. Comme si la véritable protagoniste de l’histoire c’était l’auteure et non Charlène. Comme si elle se cachait derrière elle pour pouvoir nous raconter SON histoire à elle. Ecrire comme ça à 17 ans m’a coupé le souffle. Je m’imaginais à sa place il y a deux ans et jamais ô grand jamais je n’aurais été capable d’écrire avec autant de justesse (ce qui est et sera toujours le cas), de simplicité mais de poésie aussi. Une écriture poétique et sincère qui pourtant est terriblement cruelle. J’ai souffert en lisant ce livre et je n’ai pas honte de le dire. J’ai aimé souffrir pour Charlène, j’ai détesté la voir souffrir elle.

J’ai vraiment l’impression de me répéter, de parler dans le vent, mais ce roman est une montagne russe sans fin. Anne-Sophie Brasme ne nous laisse aucun répit quant à « l’amitié » de Charlène et Sarah. Charlène est fragile. Sarah manipulatrice. La fusion parfaite pour nous entraîner et nous envoyer de plein fouet dans la destruction psychologique et progressive de Charlène. Sarah sait comment agir pour pouvoir faire d’elle son pantin, son jouet qu’elle pourra manier comme bon lui semble. Elle noie Charlène de toute sa froideur et de sa sournoiserie. Elle lui fait porter le chapeau de ses fautes et Charlène suit aveuglement, comme un adepte à son gourou. Elle pardonne car elle a besoin d’elle pour vivre, ou plutôt pour ne pas mourir. Mais quand Sarah sent que Charlène s’éteint à petit feu, Sarah lui donne un nouvel oxygène en la remontant à la surface, en s’arrangeant pour mettre leur relation sur un piédestal. Mais ce schéma est sans fin et Charlène sait que Sarah recommencera. Et Sarah recommence. Encore, encore et encore.

La fin n’est pas surprenante. On s’en doute, on la devine même et on ne peut s’empêcher d’appréhender le coup de grâce. Mais il arrive et on se dit que finalement c’était la seule solution. Alors on lit, on ne s’arrête pas de lire malgré tout l’océan d’émotions qui nous envahit et les interminables fins aléatoires que l’on aurait voulu avoir défilant dans notre tête. Mais on réalise, on accepte, et on se dit qu’après tout ce n’est qu’un roman. Un roman qui nous perturbera pendant plusieurs jours, puis pendant heures et quelques minutes. On n’y pensera plus après. Peut-être quelquefois mais moins. Seulement quand on y repensera, on se dira que c’était une histoire cruellement extraordinaire, qu’on a eu la chance d’avoir lu et de découvrir.

Je ne parlerais que très peu du film dans cette chronique. Je ne suis vraiment pas experte en la matière. L’adaptation est très différente mais reste tout de même excellente. Le jeu des acteurs est divinement interprété et la fin est à vous laisser pantois, sans un mot à prononcer et juste à  réaliser. Je préfère que vous le voyiez par vous-même pour vous rendre compte de la superbe adaptation cinématographique de Mélanie Laurent et vous faire votre propre avis dessus.

Pour que vous vous rendiez compte que ce livre est saisissant :

Sarah est arrivée et elle a tout balayé sur son passage : mes rêves, mes aspirations, tout ce que je m’étais juré de réaliser. Partout où elle allait elle accaparait la plus grande attention. Tout semblait lui appartenir. Elle faisait ce qu’elle voulait. Moi je l’observais sans rien dire. J’étais redevenue l’ombre de moi-même. Un mur me séparait des autres. Et j’aurais préféré qu’ils me crachent au visage plutôt qu’ils me laissent dans un tel abandon. Car pire que le mépris, il y a l’indifférence. La sensation de ne plus exister.

Bon, je suis désolée mais j’ai pas réussi à en choisir qu’une…

Je me sentais inutile, fade. Si Sarah avait su me donner une identité deux ans plus tôt, elle m’avait en revanche privée de ma personnalité. Mais ça je n’avais pas pu m’en rendre compte à l’époque. Une seule terrible idée me parcourait quelquefois l’esprit, une idée que je ne pouvais pas admettre. Elle était mon amie, mais je n’étais pas la sienne.

Même si je suis sûre de ne pas avoir tout aborder pour cette chronique (trop d’émotions tue les idées xD) je vous dis quand même à très vite pour une prochaine chronique ! Bisous mes loulous !